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Jérôme Hary — Agriculteur pionnier en agroécologie
Je suis agriculteur installé à Abancourt, dans le Nord, au cœur des Hauts-de-France. Depuis des années, je me bats pour montrer qu'une agriculture plus durable, plus vivante, et économiquement viable, est non seulement possible, mais nécessaire.
Ma formation et mon ancrage
Au sortir de mes études agricoles préparant à la gestion d'une exploitation agricole, j'ai d'abord travaillé dans une grosse entreprise informatique agricole.
J'ai repris la ferme familiale à Abancourt en 1998, et j'y cultive principalement des betteraves sucrières pour Tereos, du lin fibre, des céréales et légumineuses.
Elu au sein de la Société Coopérative Betteravière Tereos, j'ai eu la chance de pouvoir suivre un parcours de formation au management de Coopératives (Programme Sénèque) au sein de l'ESSEC Business School. J'ai mis cette formation à profit dans d'autres entités coopératives dans lesquelles j'exerce des responsabilités, et au service de mon entreprise également.
Le tournant de l'installation
Avant que je reprenne l'exploitation, les rotations suivaient un schéma très classique dans le secteur : betterave, blé, escourgeon. Les sols, des limons battants, pouvaient présenter de gros problèmes lors de fortes pluies, avec parfois des croûtes de battance très marquées. C'est ce constat qui m'a poussé à, d'abord remettre en question le travail du sol, et très rapidement travailler la fertilité des sols.
Donc en 1998, arrêt du labour sur la ferme.
En 2001, je crée, avec un collègue, une entreprise de collecte et compostage de déchets végétaux qui, jusqu'en 2011, me permets l'épandage massif de composts « maison ».
Très tôt, j'implante également des couverts végétaux inter-cultures avec plus de 6 à 7 espèces.
Concrètement, le taux de matière organique de mes sols est passé de 1,8 % en 1998, à 3 % aujourd'hui.
Porosité accrue, activité biologique augmentée, stockage de l'eau en cas de sécheresse ou absorption lors d'épisodes violents, mes terres ne se comportent plus comme avant.
Vers la robustesse !
Mon engagement collectif
Je crois profondément à l'intelligence collective. Je préside la CUMA des Quatre Chemins à Abancourt, grâce à laquelle nous avons investi dans une rampe de pulvérisation localisée « Ecopulv » qui nous permet de baisser jusqu'à 66 % les herbicides sur betteraves et colza, avec du binage mécanique inter-rangs.
La création de HARY'S LAB
C'est dans cet esprit qu'est né HARY'S LAB, une jeune start-up que j'ai co-fondée avec ma fille Emma et son conjoint Loï. Cette structure, ancrée sur ma ferme, a pour mission de rassembler, de sensibiliser et d'accompagner celles et ceux qui veulent agir en faveur d'une agriculture plus durable et plus désirable.
Nous y développons trois activités principales : le conseil en communication agricole pour mettre en lumière les initiatives positives et leurs acteurs ; un pôle agricole dédié à l'expérimentation de solutions agronomiques et écologiques innovantes ; et une activité d'hospitalité pour créer des expériences originales et redynamiser notre territoire.
Ma voix dans la transition
Je m'implique aussi dans les grands débats qui façonnent l'avenir de notre métier. J'ai participé au lancement de l'initiative Covalo, portée par le mouvement « Pour une Agriculture du Vivant », qui fédère agriculteurs, coopératives, acteurs agroalimentaires et financiers autour de la transition agroécologique dans les Hauts-de-France. Ma conviction est claire : « Des démarches de filières, ce n'est pas nouveau. L'innovation avec Covalo, c'est la transversalité ! On prend en compte la rotation dans sa globalité. Le calcul à l'échelle de l'exploitation permet d'apprécier tous les critères agronomiques. »
En 2026, mes équipes de HARY'S LAB ont aussi accompagné le Crédit Agricole Nord de France lors du Salon International de l'Agriculture, pour porter ensemble les messages de la transition vers l'agriculture régénératrice.
Ce qui me porte
Je suis un indéfectible optimiste sur l'avenir de ma profession, et je suis tellement heureux de transmettre et d'apprendre aux côtés des jeunes. Ma ferme est devenue un laboratoire ouvert, un lieu d'expérimentation et de rencontres, où agriculteurs, entreprises ou simples curieux, viennent chercher des réponses concrètes pour construire l'agriculture de demain.
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